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Ponts-et-Marais : un père de famille condamné pour des agressions sexuelles sur sa fille

Ponts-et-Marais : un père de famille condamné pour des agressions sexuelles sur sa fille
04/09/2022

Ponts-et-Marais : un père de famille condamné pour des agressions sexuelles sur sa fille

  • Par hggfd
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Par Rédaction EuPublié lemis à jour le 3 Avr 21 à 7:48
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À la rentrée scolaire de janvier 2020, une enseignante du lycée du Tréport (Seine-Maritime) constate qu’une de ses élèves, âgée de 16 ans, pleure en cours. Elle la questionne.Ponts-et-Marais : un père de famille condamné pour des agressions sexuelles sur sa fille Ponts-et-Marais : un père de famille condamné pour des agressions sexuelles sur sa fille

La jeune fille lui confie qu’elle traverse de graves problèmes familiaux et que son propre père a un comportement anormal avec elle.

L’enseignante alerte la conseillère d’éducation qui entend à son tour la jeune fille.

Manon (le prénom a été modifié) explique que depuis qu’elle est en CM, son père lui demande de le caresser, se frotte contre elle après lui avoir demandé de baisser ses vêtements.

Pour la convaincre, il lui promet de l’argent ou de lui acheter des vêtements.

Entre 360 et 600 agressions sexuelles

Face à la gravité des faits, la jeune fille est conduite à la gendarmerie du Tréport où elle confirme ses dires.

Au total, compte tenu du délai pendant lequel se sont déroulés les faits et de leur fréquence, les enquêteurs estimeront que la jeune fille a pu subir entre 360 et 600 agressions sexuelles au cours de sa préadolescence et de son adolescence à Ponts-et-Marais (Seine-Maritime).

Le père évoque la thèse du complot

Immédiatement interpellé, le père de famille, âgé de 48, ans nie l’intégralité des faits dans un premier temps.

Il explique qu’il pense être victime d’une machination ourdie par son ex-femme pour récupérer la garde des trois enfants du couple et les « avantages » financiers qui vont avec.

Le père revient sur ses aveux

Les enquêteurs vont organiser une confrontation au cours de laquelle finalement le père de famille semble reconnaître sa culpabilité.

Ponts-et-Marais : un père de famille condamné pour des agressions sexuelles sur sa fille

Des aveux sur lesquels il revient à la barre du tribunal correctionnel de Dieppe : « A un moment j’ai craqué et quand les gendarmes me disaient votre fille a dit que…, je répondais oui ».

L’homme est décrit par le psychologue qui l’a rencontré comme frustre, d’une intelligence limitée mais ne présentant pas de danger particulier….

Il a travaillé dans le bâtiment et en verrerie mais se trouve actuellement sans emploi après des problèmes de santé.

Après avoir vécu une dizaine d’années avec la mère de Manon avec laquelle il a eu deux autres enfants, ils se sont séparés. Il a eu tendance à consommer de l’alcool mais après un accident de la circulation, il déclare ne plus boire une goutte d’alcool.

« Les faits révélés sont abjects »

Pour Me Roth qui intervient pour les intérêts de Manon et de sa maman (qui sont absentes de l’audience pour cause de Covid), « les faits révélés par cette jeune fille sont abjects. Son père s’est comporté avec elle comme il l’aurait fait avec une prostituée, monnayant ses caresses. Elle a été l’objet de la satisfaction sexuelle de son propre père ».

Me Roth s’inquiète aussi pour les deux autres enfants, une sœur un peu plus âgée qui a, manifestement, pris le parti de son père et continue de vivre sous son toit et un garçon plus jeune qui est reparti vivre avec sa mère.

Pour M. Thieffry, procureur de la République à Dieppe, la culpabilité du prévenu ne fait aucun doute : « Aujourd’hui, il évoque la théorie du complot mais pourquoi ne s’est-il jamais manifesté jusqu’alors pour le dire. Je pense surtout que c’est extrêmement difficile d’admettre des faits aussi graves. Mais vous croyez que c’est facile pour une adolescente de révéler à sa mère puis à des personnes étrangères de tels dysfonctionnements familiaux. On aurait pu espérer du prévenu qu’il se présente à vous sur le chemin de l’amendement, il n’en est rien ».

Cinq ans de prison requis

Le procureur requiert cinq années de prison dont trois ans assortis d’un sursis probatoire et l’inscription du prévenu au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).

Me Lemaire, pour le prévenu, regrettera tout d’abord que ce dernier n’ait pas souhaité être accompagné d’un avocat dès le début de l’affaire. « Cela aurait sans doute évité qu’il craque lors de la confrontation et avoue des choses qu’il n’a pas commises ».

Pour Me Lemaire, le début du procès-verbal de gendarmerie rédigé lors de la confrontation est explicite : « Mon client a indiqué ‘c’est bon on arrête dites que c’est vrai même si ce n’est pas vrai’ ».

Me Lemaire a souhaité également relever ce qu’il considère comme des incohérences : « Manon aurait expliqué les faits à sa mère et à son nouveau beau-père plusieurs mois avant et personne n’a réagi. Mon client a fait l’objet d’un suivi social jusqu’en 2015. Tout le monde a été interrogé et personne n’a rien vu. Il y a aussi des discordances entre les déclarations de Manon, de sa mère et de son beau-père, notamment à propos du visionnage de films pornographiques ».

Pour Me Lemaire, tous ces éléments, ainsi que les dénégations constantes que son client a toujours exprimées depuis qu’il le suit, doivent amener le tribunal en voie de relaxe.

Au-delà des réquisitions du procureur

Fin mars 2021, le tribunal n’a pas suivi cette demande en allant au contraire au-delà des réquisitions du procureur quant au quantum de la peine de prison ferme.

Le prévenu est déclaré coupable et condamné à cinq années de prison dont deux ans avec sursis probatoire portant obligation de soins et d’indemniser les victimes.

Le tribunal le condamne à verser 8000 € à sa fille au titre du préjudice moral et 1 euro symbolique à son ex-femme. Il sera inscrit au FIJAIS.

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