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Critique Neptunia x Senran Kagura – Le gros bonnet du beat’em all

Critique Neptunia x Senran Kagura – Le gros bonnet du beat’em all
03/08/2022

Critique Neptunia x Senran Kagura – Le gros bonnet du beat’em all

  • Par hggfd
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D’un côté, un J-RPG parodique et méta, dans lequel chacune des héroïnes représente un constructeur de consoles et affronte les autres dans une bataille baptisée Console War (!). De l’autre, un jeu d’action mettant en scène des aspirantes ninjas ayant pour principale caractéristique des poitrines démesurées (re-!). Vous aurez évidemment reconnu les séries Hyperdimension Neptunia et Senran Kagura. Le point commun entre les deux licences, outre leur côté sexy comme argument de vente, c’est bien entendu l’humour. Ce n’était alors qu’une question de temps avant que les filles des deux franchises ne finissent par figurer au générique d’un même jeu. Et ce jeu, c’est Neptunia x Senran Kagura: Ninja Wars. Critique Neptunia x Senran Kagura – Le gros bonnet du beat’em all Critique Neptunia x Senran Kagura – Le gros bonnet du beat’em all

(Critique de Neptunia x Senran Kagura: Ninja Wars sur PlayStation 4 réalisée via une copie du jeu fournie par l’éditeur)

Au-delà du bonnet E

Très étonnamment, les deux séries ont toujours su tirer leur épingle du jeu. Les jeux Neptunia, d’abord, qui tirent un peu moins fort sur la ficelle du sexy, et basent leur identité essentiellement sur l’humour. Le discours méta d’un jeu vidéo qui intègre dans son scénario le fait qu’il est un jeu vidéo, allié à la candeur de l’héroïne Nep-Nep n’hésitant jamais à briser le quatrième mur (provoquant en général l’incompréhension totale de ses comparses), a donné une trilogie, certes classique dans ses mécaniques, mais qui a su s’imposer grâce à son ton décalé. D’autant plus que son gameplay, sans révolutionner le genre, tenait tout à fait la route.

Aux côtés des Déesses de Gamindustry (le nom de l’univers de Neptunia), on trouve les filles de Senran Kagura. Beaucoup plus sur le fil du rasoir, le jeu base essentiellement son identité sur les courbes irréalistes et outrancièrement sexy de ses héroïnes, qui perdent progressivement leurs vêtements au fur et à mesure des dégâts qu’elles reçoivent.

Malgré tout, les jeux ont pu agréablement surprendre par leur gameplay, plus technique qu’on s’y attendait, et appelant au scoring. Et encore une fois, le tout était sauvé par l’humour, et de nombreuses lignes de dialogue venaient reconnaître les exagérations anatomiques que subissaient les filles ninjas.

Bon grain et ivraie

Forts de ces réussites de leurs premiers épisodes, les personnages se sont installés durablement dans le paysage vidéoludique, et ont été à l’affiche de différents spin-off, plus ou moins inspirés. Chacune des licences a eu droit par exemple à son TPS, Neptunia Virtual Stars pour Gamindustry et Senran Kagura Peach Beach Splash pour les ninjas. On peut évoquer aussi le rythm game, peut-être un peu basique, Senran Kagura Bon Appétit!, dans lequel les filles préparent des sushis en musique et en petite tenue.

Critique Neptunia x Senran Kagura – Le gros bonnet du beat’em all

Neptunia x Senran Kagura est d’abord un Senran Kagura. C’est-à-dire un beat’em all en 3D à l’image de Shinovi Versus (sorti sur PSVita en 2014), et non pas un J-RPG à la Hyperdimension Neptunia. Ce qu’il hérite de la licence Neptunia, c’est sa composante otome, intervenant pour faire avancer le scénario entre deux séquences de bagarres, et que certains salueront pour son humour, tandis que d’autres trouveront cela bavard, selon les appétences de chacun.

Pour notre part, nous sommes partagés. Certes, c’est parfois très drôle, comme lorsque l’on croise ce mécha amateur de revues coquines, ou son second, un robot-ninja qui perd tous ses moyens confronté aux imposants atouts des filles, mais cela manque globalement d’originalité et d’enjeux. En gros, des méchants très, très méchants attaquent les terres où s’affrontaient les filles de Senran Kagura et celles d’Hyperdimension Neptunia, obligeant alors les deux partis à s’unir contre leur ennemi commun.

Les rues de la colère

Les habitués de la série, et les habitués du genre, seront en terrain connu : on progresse d’arène en arène, avec la condition de supprimer les ennemis en présence pour pouvoir avancer. Rien de neuf depuis Streets of Rage. Là où les Senran Kagura avaient marqué des points, c’est sur la richesse du gameplay. Shinovi Versus ou Estival Versus se révélaient bien plus fins qu’il n’y paraissait, et derrière une D.A. qui semblait viser les BdE, on trouvait de vrais jeux d’arcade qui pouvaient se montrer exigeants.

Malheureusement, Neptunia x Senran Kagura met cette exigence de côté, et le jeu se montre à la fois trop simple et trop simpliste. Une seule touche d’attaque (en plus de l’arme à distance, anecdotique), un contre, une esquive, et c’est tout. Une roue des coups spéciaux est également disponible en chargeant une barre de « stamina » pour apporter un peu de variété, mais là encore, on se passe de technicité : une pression sur une gâchette affiche la roue et ralentit le temps afin de choisir l’une des quatre attaques disponibles (une par touche).

Des coups spéciaux qui apportent un supplément de mise en scène à défaut d’enrichir réellement le gameplay. On passera alors une grande partie du jeu à spammer la touche d’attaque sans trop développer ni technique, ni stratégie… Seul le dernier quart du jeu viendra nous donner un peu de fil à retordre.

Neptunia x Senran Kagura x Otome

C’est une composante importante des deux séries : l’inspiration visual novel, qui permet de dérouler le scénario et son ton humoristique, ou de mettre en scène les filles et leurs tenues, argument de vente numéro 1 de la série Senran Kagura.

On n’y échappe pas ici, mais le scénario n’étant pas particulièrement passionnant, les scénettes finissent par prendre un peu trop de place. D’autant qu’aucun moyen n’a été mis en œuvre du côté de la mise en scène. Des silhouettes non-animées se succèdent devant des décors fixes, leurs dialogues (intégralement doublés, point positif) défilant à l’écran. C’est aussi classique que vieillot.

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Les deux licences et leurs personnages hauts en couleur sont pourtant le support parfait pour des cut-scenes façon anime. Même l’opening est un peu décevant au regard de ceux qu’on avait pu découvrir dans les jeux Senran Kagura précédents.

Et c’est tout ?

Autre déception, l’impossibilité de « jouer à la poupée ». On a l’habitude dans ce type de jeu, comme dans les Project Diva, aussi, de pouvoir remporter des contenus bonus cosmétiques : tenues et accessoires pour modifier le look des personnages, assortis de décors et autres pour ensuite profiter du mode photo.

Rien de tel ici. Outre le scénario principal, on pourra réaliser de petites missions ponctuelles sans grand intérêt ludique, qui recycleront mobs et décors, et serviront surtout à faire un peu de grinding pour les tout derniers niveaux. Un mini-jeu sort néanmoins du lot, qui met en scène l’une des héroïnes (au choix, parmi l’ensemble du casting), en pyjama, en équilibre sur une pêche géante (oui, la symbolique est bien celle à laquelle vous pensez !). Il s’agira en utilisant la fonction de reconnaissance des mouvements de la manette DualShock de garder cet équilibre. Anecdotique, mais amusant.


C’est un peu déçu qu’on achève l’aventure Neptunia x Senran Kagura. On ne peut pas dire qu’on ne s’est pas amusé, et le plaisir de voir les deux univers se croiser est bien là. Peut-être en attendions-nous trop de cette rencontre au sommet, mais on a l’impression que du côté des développeurs, l’envie de croiser les deux licences est retombée aussitôt l’idée validée. En résulte un jeu pas désagréable, dont les personnages, nombreux (et qu’on peut tous librement incarner, bon point), rendent bien à l’écran, mais qui semble avoir accaparé toute l’attention des auteurs. Le reste, de la réalisation au gameplay, en passant par l’écriture, respire la fainéantise ou le manque de moyen.

On ne conseillera le jeu qu’aux fans d’Asuka et Miyabi, qui retrouveront probablement avec plaisir cet univers coloré et over the top qu’ils connaissent bien. Ce n’est par contre peut-être pas la meilleure porte d’entrée pour découvrir Gamindustry ou les académies féminines de ninjutsu, sauf à vouloir un jeu léger, et qui ne se prend pas au sérieux.


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