loading_img

Gers : jugé après avoir ligoté un couple, dérobé ses bijoux puis volé et brûlé sa Maserati à Samatan

Gers : jugé après avoir ligoté un couple, dérobé ses bijoux puis volé et brûlé sa Maserati à Samatan
09/09/2022

Gers : jugé après avoir ligoté un couple, dérobé ses bijoux puis volé et brûlé sa Maserati à Samatan

  • Par hggfd
  • |
  • 58 Vues

« Je ne peux pas m’en prendre à des vieux, encore moins les tabasser. Ce n’est pas dans ma nature. Jamais de la vie », martèle A. K. Jeudi après-midi, le prévenu nie, du début à la fin de l’audience, toute implication dans le vol avec violence pour lequel il est convoqué devant le tribunal correctionnel d’Auch. Le procureur Jacques-Edouard Andrault souligne pourtant que « la gravité des faits est là » : « L’affaire n’est pas ordinaire. Elle devait être jugée par la cour d’assises. Il a été mis en examen pour un crime. C’est par opportunité qu’elle a été renvoyée devant ce tribunal. »

Le 23 août 2017, les gendarmes sont alertés, vers 4 h 25, par un couple qui s’est réfugié chez des voisins. Les deux Samatanais, alors âgés de 71 et 74 ans, se disent victimes d’un braquage à leur domicile. Philippe Romanello, président de l’audience, reprend les déclarations du mari, J.-C. : « Un homme cagoulé a brisé la baie vitrée de ma chambre, il s’est rué sur moi. » Quatre individus maîtrisent ensuite les septuagénaires. Tandis que le mari est surveillé par un des cambrioleurs, sous la menace « d’une arme d’une quarantaine de centimètres », son épouse, C., est traînée au sol par les cheveux, frappée à la nuque et immobilisée par une lame de couteau maintenue sous sa gorge.

Des "séquelles psychologiques"

J.-C. rapporte plus tard qu’il a reçu de nombreux coups assenés, entre autres, à l’aide « d’un gros marteau ou d’une masse ». Le certificat médical établi par la suite fait état de multiples traces de bleus et de blessures au visage et sur le corps. « Le médecin constate qu’ils sont choqués et qu’il y aura des séquelles psychologiques », ajoute Philippe Romanello. J.-C. et C. reçoivent respectivement dix et deux jours d’ITT.

Gers : jugé après avoir ligoté un couple, dérobé ses bijoux puis volé et brûlé sa Maserati à Samatan

À la demande des voleurs, les Samatanais les conduisent au coffre-fort, avant d’être ligotés. Des bijoux, des vêtements de luxe, des sacs, du numéraire et un téléphone sont notamment dérobés. Les malfrats repartent également avec une voiture Maserati, qui est retrouvée calcinée, le lendemain à Rieumes, en Haute-Garonne. Le préjudice s’élèverait à 160 000 euros.

Le président de l’audience met en avant quelques éléments « troublants » du dossier. Le magistrat interroge ainsi A. K. sur la découverte de son ADN sur la baie vitrée brisée. « Je ne comprends pas. Je ne suis jamais allé dans cette maison. Mais je me suis déjà fait voler du matériel et des outils dans la voiture », répond le prévenu âgé de 32 ans.

Philippe Romanello cite également ces images issues de la vidéosurveillance d’une station-service de Roques, en Haute-Garonne. À bord d’une Mercedes volée dans la nuit du 21 au 22 août dans un garage de Villemur-sur-Tarn, en même temps qu’une BMW, apparaissent quatre hommes cagoulés, dont un vêtu d’un sweat-shirt gris aux cordons blancs, identique à celui porté par le cambrioleur qui a fracturé la baie vitrée du couple. Lors de son interpellation, la femme de A. K. reconnaît son époux : « En plus, il est idiot, il a gardé les mêmes chaussures. » Le père de trois enfants rétorque : « La photo est prise de loin, on ne voit pas comment est la personne. »

Condamné à sept ans de prison ferme

Lorsque le magistrat rappelle que la BMW et la Mercedes subtilisées ont été repérées, brûlées, à 160 et 500 mètres du domicile du frère d’A. K., ce dernier réplique : « Là où il vit, il y a une cité très sensible, celle des Izards. »Le magistrat choisit enfin quelques extraits des écoutes téléphoniques « qui montrent que vous êtes mêlé à des activités peu recommandables », estime-t-il, en s’adressant à celui qui a déjà été condamné pour port d’arme blanche, violences et trafic de stupéfiants.

A. K. écope finalement de sept ans de prison ferme. La peine est assortie d’une interdiction de détenir une arme et de séjourner dans le Gers pendant cinq ans.