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Des milliers de feuillets inédits : les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline

Des milliers de feuillets inédits : les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline
02/07/2022

Des milliers de feuillets inédits : les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline

  • Par hggfd
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Il l’a hurlé si fort et si souvent que même ses plus fervents admirateurs avaient fini par en douter. Et pourtant, jusqu’à son dernier souffle, Louis-Ferdinand Céline, mort en 1961, n’a cessé de le répéter : en 1944, alors qu’il venait de s’enfuir en catastrophe vers l’Allemagne nazie avec les ultras de la Collaboration, des pillards ont forcé la porte de son appartement de Montmartre et lui ont volé de volumineux manuscrits, pour une large part inédits. Parmi eux, a-t-il toujours proclamé, celui de Casse-pipe, le roman qui devait former un triptyque avec ses deux chefs-d’œuvre Voyage au bout de la nuit (1932) et Mort à crédit (1936). Seules quelques pages de ce roman étaient parvenues jusqu’à nous.Des milliers de feuillets inédits : les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline Des milliers de feuillets inédits : les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline

Oui, Céline l’a hurlé sur tous les tons. Dans D’un château l’autre, en 1957 : « Ils m’ont rien laissé… pas un mouchoir, pas une chaise, pas un manuscrit… » Dans une lettre à son ami Pierre Monnier, en 1950 : « Il faut le dire partout si Casse-pipe est incomplet c’est que les Epurateurs ont balancé toute la suite et fin, 600 pages de manuscrit dans les poubelles de l’avenue Junot. » Et d’ajouter que ces « pillards » avaient également dérobé un épais manuscrit intitulé La Volonté du roi Krogold, quasiment inédit lui aussi. Quelques jours avant sa mort, le romancier écrivait encore dans Rigodon : « On m’a assez pris, on m’a assez dévalisé, emporté tout ! Hé, je voudrais qu’on me rende ! »

Des milliers de feuillets inédits : les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline

Lui « rendre » ? Depuis 1944, tout ce que la « Célinie » compte de biographes, d’exégètes et de marchands d’autographes a tenté de remonter la piste de ce trésor de papier. Ils ont interrogé les survivants du Montmartre de la Libération. Retrouvé des descendants des fameux « épurateurs ». Guetté le moindre indice dans les ventes aux enchères de province. En vain. Les manuscrits avaient bel et bien disparu. A tout jamais, avait-on fini par se résigner.

Légende noire

Restait donc la légende de Louis-Ferdinand Céline (1894-1961), qui, avec Voyage au bout de la nuit et sa « trilogie allemande » d’après-guerre – D’un château l’autre, Nord et Rigodon – est considéré comme un géant littéraire du XXe siècle. Restait aussi une légende noire, celle de l’auteur de terribles pamphlets antisémites – Bagatelles pour un massacre (1937), L’Ecole des cadavres (1938) –, qui s’est exilé six années au Danemark pour échapper à la prison. Reste enfin l’image du « clochard de Meudon » finissant sa vie dans la maison de la banlieue ouest de Paris, au milieu de ses chiens, en vitupérant un monde qui lui faisait horreur.

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