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Hommes et femmes: l’asymétrie des sexes (2e partie) - Les hommes libres

Hommes et femmes: l’asymétrie des sexes (2e partie) - Les hommes libres
12/04/2022

Hommes et femmes: l’asymétrie des sexes (2e partie) - Les hommes libres

  • Par hggfd
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Les corps des hommes et des femmes sont à la fois très semblables morphologiquement et génétiquement, et différents. Les différences évoquées dans le précédent billet sont-elles balayées par le principe d’égalité? Peuvent-elles conduire à des différences de ressenti et de comportements qui donneraient à chaque sexe des spécificités qui lui sont propres, liées à sa configuration sexuée?Hommes et femmes: l’asymétrie des sexes (2e partie) - Les hommes libres Hommes et femmes: l’asymétrie des sexes (2e partie) - Les hommes libres

Il faut situer le principe d’égalité dans le cadre où il est le plus pertinent. Femmes et hommes sont également indispensables pour la reproduction de l’espèce. Cela seul suffirait à légitimer le principe d’égalité. Mais il y a plus. L’être humain étant un animal social la culture, transmise par l’éducation, joue un essentiel dans la construction de l’individu et l’organisation du groupe. Qui dit éducation dit durée dans les relations: relations parents-enfants et relation de couple. Les deux parents sont présents dans l’éducation - même si dans le modèle longtemps dominant de différenciation-répartition des rôles, les femmes étaient plus impliquées dans cette transmission. Il parait nécessaire d’avoir une réflexion commune sur ce que l’on veut transmettre. Les parents sont donc amenés à en parler et à se mettre d’accord. Parole de la mère, parole du père: les deux paroles doivent exister à égalité et trouver des convergences.Le principe d’égalité se révèle supérieur aux différences, en ce sens qu’ils les englobe et n’en dépend pas. Il s’applique en particulier aux questions juridiques et d’importance de la personne. L’égalité est fondamentalement l’égalité de droits (et devoirs) et de valeur. Elle organise de larges segments de la vie des humains: juridique bien sûr, mais aussi économique, professionnel, familial.Mais est-elle pour autant une valeur absolue? Quelle représentation en avons-nous et est-elle applicable en tout? L’égalité suppose par exemple le droit de faire les mêmes choses. Rien de ce que fait un homme n’est interdit aux femmes et vice-versa. Nous sommes potentiellement capables de réaliser les même choses. La notion de similarité et d’interchangeabilité fait donc partie de l’égalité: si je suis ton égal je peux faire la même chose que toi. Et rien de ce que je fais ne m’est spécifique ou réservé puisque tu peux le faire aussi. Ce qui m’est spécifique est donc d’abord le produit de mes qualités propres en tant qu’individu, pas en tant que sexe, ce qui devrait valoriser la notion personnalité et de créativité des humains. Pour un peu nous ne serions plus contraints de reproduire les valeurs et schémas du passé et pourrions à chaque seconde décider de ce que sera notre vie. Du moins est-ce ainsi en théorie. En pratique c’est un peu différent, car reproduire c’est vivre sans avoir à refaire des millions d’année d’évolution.La notion d’égalité trouve en effet rapidement sa limite dans l’asymétrie la plus élémentaire: la reproduction. Les femmes peuvent enfanter, les hommes non. Cette asymétrie annule la similarité et l’égalité dans le domaine le plus fondamental qui puisse être: la reproduction de l’espèce. C’est même un domaine où les corps imposent une différence irréductible et valident des rôles qui ne peuvent être interchangeables. Nous sommes la reproduction d’un genre sexué. Le fait qu’il existe une infime partie de personnes dont l’identité de genre n’est pas calquée sur le système binaire homme-femme n’enlève rien à la différenciation des sexes et des rôles. Il y a des catégories. Il y a des attributions spécifiquement féminines dont l’origine est dans le corps et la biologie. L’enfantement et l’allaitement sont spécifiquement féminins et associés à l’anatomie, la physiologie et la biologie du sexe féminin.La reconnaissance des catégories et des distinctions de sexes et de rôles est d’importance alors que la théorie de la totale culturalité des différences de genre se développe et veut s’imposer comme un standard, niant les liens entre biologie et culture, niant que la culture puisse avoir une racine dans le corps. Au nom de l’égalité on assiste au rejet du corps et des normes qu’il impose ainsi que de l’expression du désir.Si l’asymétrie est reconnue dans l’enfantement elle ne le sera pas ailleurs. Crainte de voir la notion d’égalité mise à mal? Pourtant si l’égalité qui se développait contre les différences et contre le fait qu’elles puissent avoir un impact sur le culturel, elle risque fort de ne pas se survivre à elle-même. Reconnaître les différences et l’asymétrie c’est donner une chance à l’égalité de durer sans avoir un jour à s’imposer de manière autoritaire, comme cela semble déjà le cas avec la discrimination positive, les lois de genre, la parité obligatoire.La sexualité est un domaine intéressant à étudier. L’asymétrie des organes sexuels fait que le coït conditionne un ensemble de comportements. Le pénis est destiné à pénétrer dans le corps de la femme. C’est la condition de la reproduction de l’espèce. Finalité première de la sexualité, celle-ci ne peut se passer autrement. Donc l’homme pénètre et la femme accueille. Ce qui suppose deux positions psychologiques différente. Entrer chez quelqu’un n’est pas comme le recevoir chez soi: c’est fragile, vulnérable, éventuellement transgresseur. On n’est pas chez soi, on n’est qu’invité. On n’a pas ses marques, on doit se plier aux coutumes de l’hôte. Alors que recevoir chez soi c’est plus calme, on a ses repères, on dit oui ou non à l’autre.Le mécanisme de la pénétration et ses ressentis est inévitable. Si l’homme peut trouver une certaine excitation et un plaisir à être chevauché c’est plus par la transgression de son propre schéma de «pénétrant». Car fondamentalement l’homme est fait pour pénétrer. Sa libido le pousse vers la femme et son excitation monte quand il est l’acteur de la pénétration. La femme est anatomiquement plus destinée à accueillir. Les femmes avec lesquelles j’ai vécu ou parlé le reconnaissent: l’abandon au mouvement de l’homme en fin de coït, ce lâcher prise qui accepte l’autre totalement, est facteur d’intensification de l’orgasme. Même si la femme est très active, ce moment d’abandon est souvent décisif dans son plaisir.Le schéma classique peut être traduit par l’homme qui cherche et la femme qui s’offre. L’égalité pure dans le coït serait moins productive que l’asymétrie assumée et reconnue comme facteur de co-action. Les mots sont minés de connotations désagréables mais je crois qu’on peut les restaurer dans leur sens originel si l’on considère bien que ces deux mouvementset positions ne créent en aucun cas une subordination de l’un à l’autre. Si la sexualité masculine peut être une représentation de ce qu’il est convenu de nommer - souvent abusivement - la «domination masculine», alors celle-ci n’est pas un pouvoir au sens d’enchaîner l’autre et de l’amoindrir. C’est bien plus la possibilité pour l’homme de vivre pleinement sa dimension masculine de pénétrant, laquelle peut aussi ouvrir une pleine dimension d’abandon à la femme. De plus, l’homme aura à coeur de ne pas s’abandonner lui-même trop vite afin de s’assurer du plaisir de sa partenaire. La femme peut avoir plusieurs orgasmes dans le même rapport, l’homme non - sauf à pratiquer des techniques spéciales de rétention du sperme. La notion de contrôle s’impose à l’homme, moins à la femme.Dans ce jeu amoureux asymétrique, il n’y a que des gagnants si les partenaires souhaitent le bien de l’autre autant que le sien propre. Et cette asymétrie, cette dissemblance, ces rôles et ressentis induits par les corps, ne contestent en rien la notion d’égalité.Il me paraît difficile de soutenir que les corps et leurs différences n’aient pas influencé la définition des genres et que des rôles ne puissent être électivement attribués à un sexe ou à l’autre. Le système de différenciation-répartition a fonctionné selon des rôles: à l’homme la guerre et la politique qui lui est historiquement liée, à la femme l’enfantement donc l’allaitement et les soins qui en découlent. L’homme guerrier qui va tenir les frontières et la femme éducatrice, soignante et socialisante, sont des constructions culturelles possiblement fondées, initialement, sur les corps et les différences qu’ils induisent.Toutefois tout système n’a de valeur que tant que lesindividus et groupes auxquels il s’adresse en sont satisfaits. La société moderne privilégie, au travers de la notion d’égalité, la possibilité de changer de rôle. Une société plus mobile sera probablement plus créative. Mais la mobilité, l’interchangeabilité et l’égalité n’ont à mon avis pas supprimé les différences, les rôles et l’asymétrie. Y aurait-il d’ailleurs une raison de les supprimer? Est-ce même possible tant que les corps restent différenciés et asymétriques? Et l’asymétrie ne devrait-elle pas être vue comme un élément dynamique des relations humaines?(Première partie ici)

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