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« Tout le monde n’aura pas sa charentaise sous le sapin » : la production française ralentie par des problèmes d’approvisionnement

« Tout le monde n’aura pas sa charentaise sous le sapin » : la production française ralentie par des problèmes d’approvisionnement
10/08/2022

« Tout le monde n’aura pas sa charentaise sous le sapin » : la production française ralentie par des problèmes d’approvisionnement

  • Par hggfd
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Christian Coculet assure l’ultime étape de fabrication de charentaises. Celui que ses collègues surnomment « Kiki » est juché sur une chèvre, un outil doté de deux pieds métalliques en forme de cornes, qui lui permet de retourner les chaussons cousus à l’envers. Le geste est sec, réalisé des deux mains.« Tout le monde n’aura pas sa charentaise sous le sapin » : la production française ralentie par des problèmes d’approvisionnement « Tout le monde n’aura pas sa charentaise sous le sapin » : la production française ralentie par des problèmes d’approvisionnement

Dans L’Atelier Charentaises à La Rochefoucauld (Charente), Kiki est l’un des treize salariés qu’Olivier Rondinaud et Michel Violleau ont promis d’embaucher en 2019, lors de la relance de la marque Rondinaud, fondée en 1907. Il dit avoir accepté ce défi à « une condition », celle de pouvoir « en porter une paire » sur son lieu de travail. « Parce qu’en charentaises, on est bien », raconte cet ouvrier de 55 ans.

Depuis, ses pantoufles à motif écossais sont toujours maculées de poussières, de moumoutes de laine et de fils. Car, au sein de cette PME installée dans un ancien garage agricole, les cadences s’accélèrent. La société – elle est déjà rentable – emploie désormais dix-huit personnes et fabrique cinq cents à six cents paires par jour. Le fabricant bénéficie de l’envolée des ventes partout en France, dans les magasins et sur Internet. Les commandes affluent. Celles du Slip français ou du site La Pantoufle à Pépère. Son chiffre d’affaires devrait atteindre 1,5 million d’euros en 2021.

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En France, « après un recul sur ces dernières années », le marché de la savate, de ladite « schloppa », en Alsace, ou de la babouche « s’est réveillé », avec la crise liée au Covid-19, explique Dorval Ligonnière, directeur des études au sein de la Fédération française de la chaussure (FFC). Il a atteint « son plus haut niveau depuis dix ans », selon Hélène Janicaud, responsable des études sur le marché de la mode au sein de Kantar. Les ventes ont progressé de 11 % en 2020, pour atteindre 392 millions d’euros, selon le panéliste. En 2021, elles ont même accéléré. Entre mars et août, elles ont bondi de 25 %, selon la FFC.

« Le retour de la pantoufle, c’est celui du confort »

N’en déplaisent à ceux qui se moquent de ce retour, le phénomène est mondial. Partout, les consommateurs ont acheté des chaussons pour rester à la maison, lors des périodes de confinement de 2020 et de 2021, et glisser leurs pieds au chaud devant leur écran d’ordinateur pour travailler à distance toute la journée.

Aux Etats-Unis, le marché a bondi de 22 % en 2020, puis de 40 % entre janvier et août, selon la société d’études de marché NPD Group.

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