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«Le Luxembourg n’est pas un pays très mode»

«Le Luxembourg n’est pas un pays très mode»
06/07/2022

«Le Luxembourg n’est pas un pays très mode»

  • Par hggfd
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Designer et CEO de la marque Vol(t)age, Claudie Grisius était l’invitée de L’essentiel Radio tout au long de cette semaine. Que pense-t-elle de la mode au Grand-Duché? «Le Luxembourg n’est pas un pays très mode», a-t-elle reconnu sur nos ondes. «Ce qui ne veut pas dire que les Luxembourgeois ne s’intéressent pas à la mode ou qu’ils sont mal habillés. On investit dans la finance et les technologies, ou encore l’aérospatial, et la mode, ce n’est pas vraiment une industrie qui intéresse le Luxembourg. Du coup, on manque d’acteurs pour accompagner cette industrie. Il n’y a pas une école de mode, il n’y a pas de journalistes de mode, il y a peu de bonnes couturières et c’est plus difficile de créer au Luxembourg par rapport à la France, à l’Espagne, ou encore au Portugal».

Comment retrouver la «Story» de Jean-Luc Bertrand sur «L'essentiel Radio»?Du lundi au vendredi à trois reprises durant la journée.9h40 / 15h20 / 18h20Sur notre site Internet, tous les jours, un nouvel épisode est publié et le meilleur de la semaine est à retrouver dans notre journal de vendredi.

Comment Vol(t)age s’y est donc pris pour y arriver? «On n’a pas lâché l’affaire et on avait une idée claire de ce que l’on voulait faire», insiste Claudie Grisius. «On ne s'est pas laissé arrêter par les avis un peu négatifs que l’on entendait. À droite et à gauche, on nous disait que l’on était cinglé de monter une marque au Luxembourg. Beaucoup de Luxembourgeois rentrent dans nos magasins et croient que l’on est une franchise internationale. Ils sont bluffés de voir que l’on est très luxembourgeois et je dois dire que cela me choque à chaque fois, car les Luxembourgeois ne nous connaissent même pas. C’est là que j’aimerais quand même lancer un appel au gouvernement pour donner une voie ou un peu plus de visibilité aux créateurs luxembourgeois. Que l’on soit au moins connu chez nos compatriotes. Et qu’il nous fasse un peu connaître à l’étranger. C’est pour ça que je suis à ce micro aujourd’hui».

Claudie Grisius en quelques questions

La chose dont je ne pourrais pas me passer? J’utilise toujours les agendas en papier d’une marque londonienne avec mes initiales gravées. J’ai pour rituel d’aller les acheter tous les ans à Londres et cette année, malheureusement, j’ai dû le commander en ligne et j’espère pouvoir y retourner l’année prochaine. C’est mon petit luxe à moi. Je ne suis pas du tout agenda sur smartphone.

Revivre un moment de ma vie? Je n’aimerais pas revivre un moment de ma vie parce qu’avec l’âge, je me suis rendu compte qu’il faut laisser passer le temps et savoir lâcher prise par rapport aux moments passés. Il faut vivre le moment présent. Et j’essaie aussi d’éviter la nostalgie qui m’empêche de vivre ma vie. Et franchement, je peux aussi dire que je ne regrette rien.

La chose que j’aime le moins dans la nature humaine? Les gens qui sont figés et qui ne veulent jamais changer d’opinion.

Réécoutez la séquence du vendredi 7 mai 2021

Dans la Story de L’essentiel Radio, Claudie Grisius nous explique comment elle est devenue la CEO de la marque de vêtement Vol(t)age. Comment procède-t-elle pour choisir un tissu lorsqu’elle créé un vêtement? «Il faut tout d’abord avoir l’idée du vêtement à faire», indique-t-elle d’emblée. «Après, pour choisir le tissu, je suis une vraie intuitive, alors je le choisis au toucher qualitatif. Si le tissu ne me fait pas vibrer, je ne le choisis pas. Heureusement, j’ai une sœur qui est beaucoup plus terre à terre que moi et qui me stoppe quand je suis en train de faire n’importe quoi. Elle est plus responsable du côté technique et de la faisabilité».

«On dispose d’une belle gamme de soie, de tissus, et de velours, chez nous dans notre atelier, rue Michel Welter», poursuit Claudie Grisius. «On a trouvé des fournisseurs lors de foires internationales. Ils sont italiens et britanniques. Ce sont de très belles maisons pour de très beaux produits».

«Le Luxembourg n’est pas un pays très mode»

Au niveau international, Claudie Grisius a évoqué une anecdote lorsque la marque Vol(t)age a fait ses premiers pas au Japon. «À l’époque, nous étions présentes à des foires internationales en tant qu’exportantes», se rappelle-t-elle à notre micro. «Des Japonais nous ont acheté des grands foulards pour les distribuer ensuite dans un grand magasin à Tokyo. Et quand une journaliste japonaise est venue au Grand-Duché pour faire un reportage sur le pays, elle nous a trouvées dans les designers qui sont distribués au Japon. Elle nous a contactées et elle a fait une interview de ma sœur qui est passée à la télévision japonaise. C’était très marrant de voir sa voix doublée en japonais».

Claudie Grisius en quelques questions

Ma plus belle victoire professionnelle? Vous m’avez posé la mauvaise question, parce qu’en fait, je voulais dire… que ma meilleure victoire professionnelle, c’était d’avoir fait de ma passion, mon métier.

Mon rapport avec l’argent?Pour moi, l’argent, cela constitue un instrument de liberté. Comme disait Jean-Jacques Rousseau, l’argent quand on le possède, cela procure un sentiment de liberté et quand on lui court après, c’est un instrument de servitude. Donc l’argent pour moi, c’est la liberté, car il me permet d’acheter les belles choses que j’aime voir dans ma maison.

Un mot pour me définir? L’exubérance.

Réécoutez la séquence du jeudi 6 mai 2021

CEO et designer de la marque Vol(t)age, marque de vêtements créée au Luxembourg et qui s’exporte désormais à l’international, Claudie Grisius nous a confié que le profil-type de sa clientèle, «c’était la femme active entre 25 et 65 ans qui achète nos foulards et nos accessoires, de même que nos «Smart Shirts», mais on voit aussi que de plus en plus de jeunes filles commencent à s’intéresser à nos grands foulards triangulaires que nous produisons au Luxembourg».

Et les hommes ne sont pas en reste. «Ils commencent aussi à s’intéresser à nos «Smart Shirts», poursuit l’ancienne avocate. «Nos clients nous parlent beaucoup et nous recevons énormément de feed-back», souligne Claudie Grisius. «Avant même de lancer un produit, certaines clientes testent le produit et nous donnent un retour. Des conseils comme allonger les manches, ou changer de tissu». Quel est l’impact du Covid sur l’activité de Vol(t)age? «On travaille beaucoup sur notre e-shop», indique Claudie Grisius, «et nos deux magasins sont toujours ouverts».

Claudie Grisius en quelques questions

Quelle couleur dans une boîte de crayons? Le crayon noir, pour l’élégance et le mystère. Même s'il est utilisé à outrance, ce n’est jamais de trop.

Bluffée par quelle personnalité? Je n’ai pas vraiment côtoyé une seule personne, donc j’ai l’impression d’être entourée de personnalités bluffantes. Je pense à ma sœur qui déborde d’énergie et qui est super pragmatique. Elle est hyper débrouillarde, même si elle est discrète. Mes collaborateurs se dévouent également corps et âmes pour notre marque, donc ils me bluffent tous.

Quel chef d’équipe suis-je?Je suis assez dynamique et je crois que je suis quelqu’un qui est un peu dans son monde. Parfois, je ne communique pas très clairement ce que j’attends des gens. Pour moi, les choses sont parfois tellement claires et ce n’est pas nécessairement le cas pour tout le monde. Il faudrait parfois que je traduise mieux ce que je veux. J’y travaille.

Réécoutez la séquence du mercredi 5 mai 2021

L’invitée de la Story de L’essentiel Radio est Claudie Grisius, cette semaine. Designer et CEO de la marque Vol(t)age, elle nous rappelle qu’elle a récemment collaboré avec Luxair. «Pour nous, c’était fantastique», reconnaît-elle à notre micro. «Luxair est une de nos marques préférées au Luxembourg, car la compagnie aérienne nous fait voyager. Pour Luxair, on a fait une série de «smart-shirts», en fait, c’était une collection-capsule qui avait pour ambition d’inciter les gens à voyager. Et si ce n’est pas possible, déjà par les idées. «Smart-Shirt», c’est un jeu de mot entre «Smart», chic et élégant en anglais, et «Shirt». On considère ces jeux de mots comme un peu sophistiqués par rapport à ce que font d’autres marques. Là, je porte un «Smart-Shirt», où c’est écrit «Fear Less», il faut avoir moins peur et c’est mon cas dès à présent à ce micro».

Claudie Grisius en quelques questions

Mon premier job avec un salaire? C’était un job d’avocat-stagiaire dans une étude de droit au Luxembourg et j’ai acheté une paire de chaussures Prada.

Un souvenir de mes 18 ans? C’était un peu un fiasco. Pour mon anniversaire, on avait organisé ça entre copines et on avait invité 150 personnes. À la fin, on était 300 et il n’y avait plus de bières après deux heures. C’était un vrai fiasco.

Quand je ne travaille pas? Je m’occupe de mes enfants. J’en ai deux et après, je fais du sport. Je fais du yoga et de la course à pied. J’essaie de lire beaucoup et je regarde aussi des séries Netflix.

Avec Vol(t)age, comment êtes-vous passées de débutantes au statut d’ambassadrices du Luxembourg? Qu’est-ce qui a fait le déclic entre le Luxembourg et l’international? «Tout a commencé avec une idée qui m’a frappé», se souvient Claudie Grisius. «Un jour, où il y avait du soleil, je portais une écharpe et je me sentais littéralement électrisée par ce look. Du coup, j’ai appelé ma sœur, car elle, elle arrive à coudre pour que l’on essaie de faire des écharpes. C’est comme ça que notre périple a débuté. Débutante ou pro, ça ne change pas grand-chose. Il faut vraiment persévérer et ne pas lâcher l’affaire. C’est ça le secret. Je me suis dit que je voulais faire des écharpes qui électrisent les femmes. Sur chacune de nos écharpes, il y a des noms où l’on décrit un peu la femme et comment elle doit se sentir quand elle la porte».

Réécoutez la séquence du mardi 4 mai 2021

Designer et CEO de la marque de vêtement Vol(t)age, Claudie Grisius est l’invitée de L’essentiel Radio tout au long de cette semaine. «J’ai été avocate durant 17 ans», nous indique-t-elle d’emblée, «et j’avais l’impression d’avoir fait le tour du métier. Pour notre marque Vol(t)age, on a mis un t entre parenthèses, car c’est un jeu de mots entre le terme «voltage», en rapport avec l’électricité, et le terme «volage» (dont les sentiments sont changeants, selon le dictionnaire). On propose donc une marque qui électrise et change les looks à la fois».

Après avoir tout lancé au Luxembourg, Claudie Grisius travaille aujourd’hui à l’international. Retour un instant sur son premier défié, le jeudi 21 avril 2016. «On avait ouvert notre atelier, rue Michel Welter, dans le quartier de la Gare, à Luxembourg, en décembre 2015», se souvient notre invitée, «et ce défilé consistait pour nous en une opération de marketing d’envergure pour inviter le monde luxembourgeois et leur faire découvrir notre marque. C’était une soirée géniale où énormément de monde s’était déplacé. Et Steve Crack, l’actuel propriétaire de l’Hôtel Graace à Luxembourg, avait mis à notre disposition les murs délabrés de l’ancien Amical des Amis. On a pu tagger les murs et la veille, j’ai peu dormi. Après la soirée, il fallait tout démonter et on était tous crevés. On s’est donc couchés pour imaginer la suite».

«Notre mode se veut portable pour être portée un peu partout»

Que peut-on dire à celles et ceux qui estiment que la marque Vol(t)age est un peu chère au Grand-Duché? «On parle beaucoup de «slow fashion» pour le moment», souligne Claudie Grisius, «comme alternative à la «fast fashion». Et c’est quand même un train de produire des choses qui durent et de bonne qualité. Chez Vol(t)age, on utilise vraiment que des matériaux d’excellence et on les fait coudre au Luxembourg. Ce qui a quand même son prix. Je ne trouve pas que nous sommes chers et si on pense cela, je peux le justifier».

Comment définir la marque Vol(t)age? «On a deux volets», précise encore Claudie Grisius. «L’atelier «by Vol(t)age» qui est le label par lequel on travaille les matières plus luxueuses comme la soie et le velours. Et là, on s’inspire un peu des femmes des années 50. Ce sont les divas hollywoodiennes tout en restant très terre à terre, car notre mode se veut portable pour être portée un peu partout».

Réécoutez la séquence du lundi 3 mai 2021

La playlist de Claudie Grisius

C’est le premier disque acheté par Claudie Grisius et il intègre lui aussi sa playlist pour terminer la semaine en beauté. « C’était encore des vinyles et j’ai choisi « Moonlight Shadow » de Mike Oldfield ft. Maggie Reilly, car je trouvais ça romantique ».

«Eye of the Tiger», la bande originale du film «Rocky», est le 4e titre de Claudie Grisius. «Ce sont les «fighter vibes» qui m’inspirent», souligne-t-elle.

«Good Form» de Nicki Minaj est le 3e titre de Claudie Grisius.«J’écoute ce titre quand je fais du sport et quand je n’arrive pas à remonter la pente», détaille-t-elle. «J’aime bien le rap, parce que l’on peut jurer et dire des gros mots. C’est alors considéré comme de l’expression artistique. Je ne suis pas comme ça dans la vie de tous les jours, alors le rap me permet de me lâcher».

Le groupe irlandais U2 et le titre «With or Whitout You» débarquent en deuxième position dans la playlist de Claudie Grisius. «C’est un groupe qui m’a accompagné tout au long de ma jeunesse», se souvient-elle.

Pour ouvrir sa playlist, Claudie Grisius nous envoie du lourd avec «Salt-N-Pepa» et le titre «Push It», «parce que ça bouge et c’est électrique», relève-t-elle.

(Frédéric Lambert/L'essentiel)