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« Dans l’industrie de la mode, ce n’est pas le coton bio ou le polyester recyclé qui changeront la donne »

« Dans l’industrie de la mode, ce n’est pas le coton bio ou le polyester recyclé qui changeront la donne »
20/03/2022

« Dans l’industrie de la mode, ce n’est pas le coton bio ou le polyester recyclé qui changeront la donne »

  • Par hggfd
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Maxine Bédat, ancienne avocate, est la fondatrice du New Standard Institute, un groupe de réflexion et d’influence consacré à la mode durable. Elle vient de participer à la rédaction d’un projet de loi qui, dans l’Etat de New York, pourrait imposer un devoir de vigilance aux grandes marques de vêtements et les obliger à publier le bilan environnemental de leurs productions.

Le secteur est-il vraiment en train de se convertir à une production d’habillement responsable ?

L’intérêt pour la durabilité s’est accentué. Désormais, les entreprises de la mode se disent concernées par le changement climatique, le sujet est devenu « trendy ». Mais, de fait, les volumes de ventes de l’industrie continuent d’augmenter. En résumé, le développement durable dans la mode fait grand bruit, mais l’action n’en fait aucun.

Que faut-il faire pour rendre la mode plus durable ?

Selon l’enquête du cabinet Quantis qui mesure l’impact environnemental du secteur, effectuée en 2018, deux tiers de l’empreinte carbone de l’industrie de la mode proviennent des usines, de la façon dont le fil est filé, teint et tissé, et de la confection. C’est massif. Il faut donc améliorer l’efficacité de la production, accélérer la transition vers des sources alternatives d’énergie. Mais les marques de mode n’y procèdent pas, car elles sont plus occupées à nous raconter des histoires sur la façon dont elles recourent à des matières premières jugées durables, comme le coton bio ou le polyester recyclé. Or tout le monde sait que ces ingrédients magiques ne suffiront pas à changer la donne. Car l’empreinte carbone de cette industrie ne provient ni du champ de coton ni de la fin de vie d’un vêtement, mais des usines.

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L’industrie française est-elle en retard ?

« Dans l’industrie de la mode, ce n’est pas le coton bio ou le polyester recyclé qui changeront la donne »

Il est vrai que le sujet a d’abord été abordé dans les pays anglo-saxons, notamment au Royaume-Uni. L’industrie française y est venue plus récemment. C’est surprenant dans un pays connu pour ses marques de luxe. De manière générale, le secteur de l’habillement s’est penché sur le sujet bien plus tardivement que d’autres industries, alors même que son empreinte carbone est énorme.

Est-ce que le « Fashion Pact » signé en 2019 sous la houlette de François-Henri Pinault, PDG du groupe Kering, fera date ?

Il est intervenu au moment où l’industrie a éprouvé le besoin de se fixer des objectifs de développement durable. C’était une bonne nouvelle. Mais, depuis, nous avons bien compris qu’il ne suffisait pas de déboucher le champagne et de célébrer chaque objectif atteint pour changer la donne. Il nous faut d’autres leviers pour que les entreprises investissent suffisamment et modifient leur façon de produire.

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